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Ariane 6 : le défi de la montée en puissance

Photo de Daniel Chretien

Daniel Chretien

Publié le 18 février 2026 à 05:00 - Mis à jour le 06 mars 2026 à 14:07

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Pierre-François Mouriaux

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N2977 ● 03 juillet 2026

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La fusée européenne a réussi le début de sa montée en cadence plus rapidement que les autres lanceurs lourds de sa génération. Un succès industriel pour son maître d’œuvre ArianeGroup qui laisse peu à peu la place au défi de la montée en puissance, dont la première étape a été franchie avec le vol inaugural de la version 64 le 12 février.

Ariane 6 est le détonateur d’une modernisation profonde de l’ensemble des sites de production d’ArianeGroup. Un enjeu stratégique de défense vu que c’est le seul vecteur lourd garantissant l’accès à l’espace aux Européens. Mais il y a désormais le défi de donner encore plus de puissance à Ariane 6. C’est déjà un atout pour pour la compétitivité avec l'emport de toujours plus de satellites en un vol, ce qui est attendu par les opérateurs de grosses constellations. C’est aussi la garantie de l’envoi souverain des charges utiles les plus lourdes, notamment vers la Lune. Le chantier n'est pas aisé, mais ArianeGroup doit désormais faire ses preuves. Car la puissance d’Ariane 6 atteste celle de l’Europe spatiale.

3 moments clés en 2026

La version « légère » d’Ariane 6-62 avec deux propulseurs d’appoint (qu’on appelle ESR pour Equiped Solid Rocket) a décollé à quatre reprises l’année dernière, après un vol inaugural en juillet 2024. Le lanceur est fiable (100 % de succès), apte à placer des satellites stratégiques, capable de monter en cadence et est enfin très précis dans l’insertion en orbite à en croire les éloges reçues. Place à la version lourde (64), dotée de quatre ESR, avec trois tests cruciaux au programme cette année : 1er vol de la version 64 le 12 février (succès) ; 1er vol de la version 64+ avec des ESR plus puissants (P160C) au cours de l’été ; 1er vol avec un second étage plus puissant d’ici la fin de l’année. La version 64 finale (alias Block 2) proposera d’emporter 21,65 t de charge utile en orbite basse et 13 t en orbite de transfert géostationnaire. Le 12 février, avec Amazon Leo à bord, le succès du premier vol de la version 64 a également validé une plus grande coiffe (20 m de haut au lieu de 14).

Les ESR fournissent l’essentiel de la poussée au décollage et pendant les deux premières minutes de vol. La montée en puissance du lanceur passe naturellement par là. La coentreprise Europropulsion (détenue à parts égales par Avio et ArianeGroup) est maître d’œuvre du moteur P120C, commun aux ESR et à l’étage principal de Vega-C. Le développement a réduit les coûts en comparaison du P80 utilisé sur Ariane 5. Là où ce dernier était segmenté, le P120 est monolithique, ce qui rend optionnel tout système de dissipation acoustique. Le moteur est aussi partiellement intégré à l’horizontale, ce qui réduit les coûts. Le passage de deux à quatre ESR a toutefois des contraintes : gestion thermique (tuiles sur le divergent du moteur Vulcain) et gestion mécanique avec notamment la séparation simultanée des quatre ESR en « Korolev Cross » (en référence à la séparation des quatre propulseurs latéraux constituant le premier étage de Soyouz, formant une croix dans le ciel après leur éjection).

Daniel Chretien

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