Sodern : soixante ans et toujours innovante
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Caméra spatiale - NAC mission Mars Sample Return
Sodern
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Caméra spatiale - NAC mission Mars Sample Return
Sodern
Sodern souffle ses soixante bougies ce mois-ci : créée au départ pour développer et construire les sources de neutrons pour les armes nucléaires françaises, elle a rapidement diversifié ses activités, dans la technologie optronique et les équipements spatiaux, aussi bien pour la défense que pour l'industrie civile, devenant notamment le premier fournisseur de viseurs d’étoiles dans le monde. Implantée à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne (au sud-est de Paris), la société est depuis le 1er juillet 2016 une filiale d’ArianeGroup et du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (à 90/10), après avoir fait partie du groupe Airbus. Elle compte actuellement 450 salariés, et affichait en 2021 un chiffre d’affaires de 83 M€, avec une prise de commande de 104 M€ (le record de l’entreprise… au 31 décembre dernier). Depuis janvier 2004, son président est Franck Poirrier, ingénieur-général de l’Armement, également représentant des équipementiers au sein du Cospace, le comité ministériel de coordination sur l'espace.
La création de Sodern s’inscrit donc d’abord dans l’histoire de la dissuasion nucléaire française, impulsée en 1956 par le gouvernement de Pierre Mendès France. L’année suivante, dans le plus grand secret, un groupe d’ingénieurs issus du groupe d’électronique néerlandais Philips est chargé de concevoir à Limeil-Brévannes un déclencheur de l’arme atomique, parallèlement au CEA et en guise de plan B. C’est grâce à ce dernier qu’est mise au point l’amorce neutronique (ou tube neutronique) qui équipera la première bombe A française, testée en Algérie le 13 février 1960 dans le cadre de l’essai « Gerboise bleue ». « C’était une fantastique époque de pionniers, considère Franck Poirrier, qui ont réussi un produit exceptionnel, aussi bien dans sa conception que dans sa réalisation, avec une confiance phénoménale des Armées ». Dans la foulée est officiellement fondée la Société d’Études et de Réalisations Nucléaires (le 1er mai 1962), depuis lors responsable de la fourniture des amorces neutroniques pour la Force de frappe française.
À partir des années soixante-dix, alors que se développe le secteur spatial français (le Cnes est devenu opérationnel le 1er mars 1962), Sodern développe de nombreuses technologies en optique et en électronique spatiales : caméras pour l’observation de la Terre (dans le visible et l’infrarouge), photodétecteurs, équipements optiques pour fusées-sondes et satellites... C’est l’une des premières sociétés européennes à maîtriser les applications spatiales des microprocesseurs, et à proposer des capteurs de Terre, qui permettent aux satellites de s’orienter en observant la planète. Les premiers d’entre eux sont installés sur le satellite de télécommunications franco-allemand Symphonie 1, placé en décembre 1974 sur orbite géostationnaire. Suivront notamment les missions Meteosat (météorologie), Spot et Hélios (observation optique) et ERS (observation radar) – en 1977, 1986 et 2000. Très vite, Sodern s’impose sur le marché commercial mondial.