L’état rassurant du bouclier thermique d’Artemis 2
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À peine rentrée de son périple cis-lunaire, le 10 avril dernier, la capsule « Intregrity » de la mission Artemis 2 était-elle examinée, d’abord par des plongeurs de l'US Navy en pleine mer, puis par des ingénieurs de la Nasa sur le navire de récupération USS John Murtha. Leurs premières observations se sont révélées rassurantes, coupant court à de sévères critiques au sujet d’un manque de sécurité pour la protection de l’équipage. On se souvient en effet que la mission Artemis 1 (inhabitée), menée entre le 16 novembre et le 11 décembre 2022, avait été marquée par la défaillance du bouclier thermique de la capsule Orion : son matériau ablatif, l'Avcoat, ne s'était pas érodé de manière contrôlée mais s'était fragmenté, laissant le bouclier « grêlé », parsemé de cavités profondes. C’est la perméabilité même du matériau qui était en cause, des gaz se formant à l'intérieur du bouclier sous l'effet de la chaleur et créant une pression interne qui a fait éclater des blocs d'Avcoat. Ne souhaitant pas retarder une nouvelle fois les échéances en lançant la conception d’un nouveau bouclier, l’agence américaine avait misé sur deux leviers pour régler le problème sur la mission Artemis 2. Il a d’abord été décidé de faire suivre à la capsule une trajectoire directe (dite Lofted), plus courte que celle Artemis 1, par ricochet (Skip Entry) : Orion a effectué un rebond plus petit sur l’atmosphère mais sans en ressortir, comme cela se faisait avec les capsules Apollo, afin de réduire le temps d'exposition aux pics de chaleur. Deuxièmement, des marges plus grandes ont été acceptées, suite aux multiples essais en soufflerie plasma qui ont permis de conclure que, même si le bouclier s'écaillait un peu, son épaisseur serait suffisante pour garantir la traversée de l’atmosphère en toute sécurité.