L’heure de vérité pour le Scaf ?
Rédaction Air & Cosmos
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Dassault Aviation - V. Almansa
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Dassault Aviation - V. Almansa
C’est une zone de turbulence qui n’en finit plus. Ralenti par des dissensions industrielles, le programme Scaf (Système de combat aérien futur) cristallise les tensions entre la France et l’Allemagne dans le domaine de la défense. Au cœur du désaccord, le pilier NGF (Next generation fighter) du programme, celui de l’avion de combat donc, mené par Dassault Aviation et Airbus Defence & Space.
Après la signature en 2018 lors du salon ILA à Berlin d’un document actant les spécifications opérationnelles (HLCORD – High level common operational requirement document), des difficultés sont apparues au niveau industriel, notamment sur les questions de gouvernance et de partage des tâches. Le PDG de l’avionneur français, Éric Trappier, a fait savoir publiquement à plusieurs reprises qu’il serait capable de construire un avion de sixième génération « de A à Z », si d’aventure la coopération venait à ne pas se faire. De son côté, lors de la présentation des résultats annuels du constructeur européen en février dernier, son patron Guillaume Faury s’est dit prêt à « jouer un rôle de premier plan » pour proposer son propre projet en cas de scission.
Un récent communiqué du groupe CDU/CSU du Bundestag allemand (majoritaire en nombre de sièges), qui avait mis le Scaf à l’ordre du jour d’une réunion de la commission de la défense le 22 avril, appelle quant à lui à « mettre fin à cette situation d’incertitude et clarifier les choses ». Les députés Thomas Erndl et Volker Mayer-Lay insistent sur la responsabilité française en la matière : « De nouveaux retards, sans que la partie française ne fasse de concessions, ne sont plus acceptables et sapent davantage la confiance, alors qu’une séparation semble de plus en plus probable. » Des députés allemands sont d’ailleurs venus à Paris cette semaine pour rencontrer leurs homologues français, ainsi qu’une délégation du Sénat. Le sujet des discussions n’était pas connu à l’heure du bouclage de ce numéro, mais il est fort probable que le Scaf en a fait partie.
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