Les Rafales de la 4, sentinelles du ciel balte
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Gaétan Powis
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Gaétan Powis
« Readiness status, readiness status, one zero, one zero », lance un haut-parleur dans le hangar d’alerte. En quelques secondes, les interviews s’arrêtent, les journalistes et personnels non nécessaires sortent du hangar alors qu’au loin, deux voitures arrivent à toute allure, « larguant » pilotes et mécaniciens. Cette scène – tout à fait inattendue – s’est déroulée sous nos yeux au sein du contingent français présent sur la base aérienne lituanienne de Šiauliai. Sur place, quatre Rafale B et une centaine de personnels de l’armée de l’Air et de l’Espace sont déployés dans le cadre de la mission Otan Baltic Air Policing (BAP26). Et la menace de ce 20 avril est bien réelle : deux bombardiers stratégiques Tu-22M3 Backfire armés d’un missile antinavire et escortés par deux avions de combat Su-30 et deux Su-35 armés en air-air.
Cette mission est vitale pour la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. Depuis leur accession à l’Alliance atlantique en 2004 et en raison de moyens aériens de combat inexistants, la souveraineté de leur espace aérien est placée entre les mains d’avions de combat d’autres pays membres, par le biais d’un système de rotations. Pendant près de 18 ans, un seul détachement était déployé dans le cadre de la BAP. Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, ce détachement est renforcé par deux contingents supplémentaires, au sein de l’enhanced Air Policing (eAP). Ainsi, deux patrouilles de deux avions armés sont prêtes à intercepter rapidement (période dite hot week), alors que la patrouille du troisième détachement est aussi en alerte, mais mobilisable en quelques heures (cold week). Cette mission est d’autant plus importante pour les États baltes que Moscou accuse ces pays d’ouvrir leurs territoires aux Ukrainiens pour tirer des drones sur l’ouest de la Russie, vision catégoriquement démentie par les capitales baltes.
