Traînées de condensation : une particule peut en cacher une autre
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Un déplacement d’émissions. C’est ainsi que pourrait se traduire les dernières découvertes en matière de recherche atmosphérique. Elles montrent qu'une réduction des émissions de suie par les moteurs d'avions n'entraîne pas automatiquement une diminution de la formation des cristaux de glace à l'origine des traînées de condensation - qui accentuent l'effet de serre. Elles mettent notamment en évidence le rôle crucial des fines particules volatiles dans la formation de ces traînées, même à de faibles niveaux d'émissions de suie. Cela constitue un revirement dans la théorie de la formation des traînées de condensation et devrait influer sur le développement futur des moteurs et la composition des carburants.
Ces recherches, tout juste publiées début avril dans la revue Nature, ont été menées par les équipes du projet Neofuels/Volcan, après une campagne de mesures en vol. Elles ont réuni des chercheurs du DLR, de l'Université Johannes Gutenberg de Mayence (JGU), d'Airbus, de CFM International, ainsi que des équipes de modélisation de l'Université d'Albany et de l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (Onera). « Nous avons pu réaliser des vols de mesure complexes et obtenir des données et des enseignements, qui contribuent à améliorer les modèles de moteurs et de climat », s'est félicité Markus Fischer, membre du directoire de la division Aéronautique du DLR. « Ces campagnes d'essais sont cruciales pour améliorer la compréhension et la modélisation des traînées de condensation en fonction des différents facteurs, et pour orienter nos futurs choix technologiques et opérationnels en matière d'atténuation », a déclaré de son côté Mark Bentall, responsable du programme R&T d'Airbus.