Le cosmos en 2083 (9/11) : Des astronautes en hibernation ?
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Spaceworks Entreprises
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Spaceworks Entreprises
Pour survivre aux conditions climatiques extrêmes ou au manque de nourriture, certains mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens ont recours à une stratégie temporaire d’économie de leurs dépenses caloriques et de leurs besoins énergétiques. Ils plongent dans un état physiologique caractérisé par la réduction contrôlée de leur métabolisme, de leur température, de leurs principales fonctions vitales et de leurs activités. Appelé communément « hibernation », cet état est parfois aussi désigné par les mots de torpeur, de stase, de dormance, de léthargie ou d’animation suspendue. La torpeur, qui est le terme scientifique exact, peut avoir lieu chez des espèces animales de manière intermittente au cours des heures les plus chaudes du jour ou les plus froides de la nuit ; chez d’autres elle peut durer plusieurs semaines ou mois selon la saison où les circonstances ; elle peut être plus ou moins profonde. On parle de torpeur superficielle quand la température corporelle de l’animal ne baisse que de quelques degrés, que son métabolisme et ses fonctions vitales sont modérément réduits, et qu’il garde la capacité de se réveiller régulièrement pour manger ou chasser. C’est le cas chez certains lémuriens et colibris. A l’inverse au cours de la torpeur profonde, la température de l’animal est très basse – parfois même négative – ses battements cardiaques et cycles respiratoires sont rares, il ne se réveille pas, ne mange, ne défèque ni n’urine plus, ses fonctions physiologiques et son métabolisme sont considérablement réduits. C’est le cas chez la marmotte. Au sens strict, l’hibernation ne désigne que l’état de torpeur profonde : l’ours brun, par exemple, n’est qu’en état de torpeur superficielle au cours de l’hiver, on devrait dire qu’il hiverne et non qu’il hiberne. Au-delà des subtilités des définitions, qu’elle soit superficielle ou profonde, la finalité de la torpeur est de permettre à l’animal de survivre quand les conditions environnementales deviennent rudes, et/ou que la nourriture se fait rare. Appliquer ce même principe aux astronautes n’est pas une idée nouvelle, et des agences spatiales comme l’Esa et la Nasa s’y intéressent depuis longtemps. L’espace n’est-il pas un milieu extrême et dangereux, où les ressources nécessaires à la survie font cruellement défaut ? Si des êtres humains s’aventurent vers Mars ou au-delà à la fin de ce siècle, devront-ils le faire en état d’hibernation ? Quels en seraient les modalités et les avantages ?