FLEX : une astromobile monégasque sur la Lune
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Essais terrestres de l’astromobile, avec l’astronaute Chris Hadfield (à droite).
Venturi
Ce contenu est réservé aux abonnés Air&Cosmos

Essais terrestres de l’astromobile, avec l’astronaute Chris Hadfield (à droite).
Venturi
Le groupe Venturi à Monaco, sa filiale suisse Venturi Lab, et son partenaire 100 % américain Venturi Astrolab, ont dévoilé le 31 mars un accord de lancement avec SpaceX : leur astromobile Flex (Flexible Logistics and Exploration), développée depuis fin 2019, doit être déposée à la mi-2026 à proximité du pôle sud de la Lune, à l’aide du mégalanceur Starship. L’engin motorisé de plus de 2 t (cargaison comprise) sera le plus grand et le plus performant de l'histoire des véhicules lunaires : à vide, la jeep lunaire LRV (Lunar Roving Vehicle) du programme Apollo pesait 210 kg. Flex aura pour mission de démontrer « son efficacité, sa viabilité et sa capacité à mener des expériences scientifiques et des activités commerciales ». Nous avons interrogé Antonio Delfino, directeur et cofondateur de Venturi Lab et membre du conseil consultatif de Venturi Astrolab, sur la genèse du projet.
Docteur en physique, passionné de technologie, d’ingénierie et de science, Antonio Delfino était responsable du département chimie et physique de Michelin Recherche et Technique en Suisse et senior fellow du groupe. Il a notamment développé le pneu Airless et fût l’initiateur de la pile à combustible au début des années 2000. En 2007, il a fait la connaissance de l’homme d’affaires monégasque Gildo Pallanca Pastor, connu pour avoir racheté la marque automobile Venturi, conceptrice de véhicules électriques à hautes performances, puis pour s’être impliqué dans la Formule Electrique (FE), de ses débuts en 2014 à 2022. « Gildo a poussé la mobilité électrique à l’extrême, bien avant Tesla, fait remarquer Antonio Delfino ; si un jour quelqu’un voulait écrire un livre sur l’histoire du véhicule électrique moderne depuis maintenant 25 ans, Gildo devrait apparaitre dans les premières pages. Car c’est un visionnaire, un passionné de technologie, et quelqu’un qui cherche à battre des records, sur quatre roues mais aussi en deux roues (avec une pluie de records détenus par la moto électrique Wattman, pilotée par Max Biaggi). » Sans pour autant rechercher directement le profit : « A part un accord avec l’Etat français pour construire un millier de véhicules électriques pour La Poste en 2009 (une première européenne), tout ce qui a été développé chez Venturi s’est fait sur fonds propres : dans l’immédiat, il n’y a pas de modèle économique, ni la volonté de faire du chiffre d’affaires. L’objectif premier, pour Gildo, est de faire progresser un certain nombre de technologies pour faire avancer l’électrification des véhicules, pour le bien de l’humanité, mais aussi porter haut les couleurs de Monaco. »